Assurance obsèques – ce qu’il faut savoir

| 20 février 2010 | 3 Commentaires

Préparer ses obsèques avec une convention obsèques est recommandé, suivez le guide…

Aujourd’hui, je vais aborder un sujet pas très gai mais très utile : les frais et formalités d’un décès et les moyens de s’assurer via un contrat « convention obsèques ».

En règle générale, il est vraiment conseillé de prendre une assurance, car il existe de nombreuses bonnes raisons pour prévoir ce triste événement : un conjoint à protéger, des enfants, un membre de la famille handicapé, un patrimoine à préserver, ou au contraire des difficultés financières… Le deuil est déjà une épreuve en soi, inutile de rajouter des complications financières à l’équation. Le secteur funéraire s’est modernisé et est devenu aujourd’hui un véritable marché où les sociétés se font une concurrence féroce en matière de prestations de services qui peuvent revenir très cher !

Quels sont les contrats types pour une assurance obsèques ? Combien coûte un enterrement ? Une crémation ?
Quels sont les moyens de payer moins cher son contrat obsèques ? Quelles sont les garanties obsèques prévues ?

Organiser ses dernières volontés.

En France, le non-respect des dernières volontés d’un défunt est puni pénalement, mais encore faut-il connaître ses volontés ! Si vous voulez être sûr que vos volontés soient strictement respectées, cherchez sur internet ou rendez-vous chez une entreprise de pompes funèbres (si vous n’en connaissez pas, rendez-vous à l’hôpital le plus proche, les rues adjacentes sont systématiquement truffées de magasins de pompes funèbres – lugubre, mais pragmatique)… Vous aurez alors l’occasion de spécifier tous les détails de vos obsèques (choix du cercueil, inhumation, crémation, cérémonie religieuse ou non, fleurs…).

convention obseques

Pourquoi prévoir tout cela : parce que cela coûte horriblement cher, et que de nombreuses familles dont la situation financière est difficile ne peuvent tout simplement pas faire face aux coûts générés par un décès :( !

Souscrire un contrat permet d’anticiper la charge financière que représentera le décès en évitant ainsi une prise en charge financière par la famille. De plus, dans ces moments là, le fait que quelque chose soit prévu et que des professionnels viennent prendre en main la situation est toujours d’une grande aide psychologique pour la famille.

La mort ça revient très cher !

« En ce monde rien n’est certain, à part la mort et les impôts » – Benjamin Franklin.

Concrètement, de quelle somme parle-t-on ? Souvent les gens n’en ont pas idée. Alors voici quelques exemples de tarifs pour des obsèques. Certaines dépenses sont optionnelles, d’autres quasi obligatoires… à titre indicatif :

  • Cercueil, modèle de base : 1200 – 2000€
  • Accessoire de base du cercueil (obligatoire en fait) : 100 – 500€
  • Concession dans un cimetière pour 15 ans : 500 – 2000€
  • Crémation : 500 – 1000€ (requiert tout de même un cercueuil de base)
  • Maître de cérémonie : 200 – 300€
  • Porteurs : 300€
  • Corbillard : 250€
  • Annonce dans le journal : 200 – 300€
  • Faire-part de décès, cartes de condoléances : 200 – 300€
  • Honoraires (organisation du service, suivi du dossier) : 1000€
  • Taxe municipale (oui, oui, jusqu’au bout) : 30€

En résumé :

  • Une crémation en province revient entre 2000 – 2500€.
  • Une crémation à Paris revient entre 4500 – 5000€.
  • Un enterrement en province revient entre 3500 – 4000€.
  • Un enterrement à Paris revient entre 6000 – 7000€.

Et il s’agit là du strict minimum, sans pierre tombale (hors de prix, plusieurs milliers d’euros) ou la concession au Columbarium pour ceux qui choisissent la crémation…
C’est également beaucoup plus cher s’il faut prévoir une conservation du corps, une salle d’exposition, un rapatriement depuis l’étranger, etc. Et je ne parle même pas encore du coût du testament chez le notaire ou d’une maison médicalisée qui aurait précédée le décès…

Une telle somme d’argent n’est tout simplement pas déboursable pour les ménages, qui s’endettent pour rendre hommage à leur mort ! L’association ATD Quart Monde a déjà tiré la sonnette d’alarme sur la question du prix exorbitant de la mort suite à une affaire qui avait ému en 2007 ou une famille désargentée en avait été réduite à creuser elle-même la tombe de leur père… le deuil est douloureux dans ce genre de situation.

En quoi consiste un contrat assurance obsèques ?

Le contrat prévoit les détails de l’inhumation et la couverture de l’ensemble des frais. En échange de quoi le souscripteur verse des primes régulières, un peu comme dans l’assurance vie, pour garantir le capital prévu au moment du décès.

Les différents types de contrats obsèques et assurance décès.

Même si le sujet est sensible, il ne s’agit finalement que de contrat d’assurance, régi par les lois des assureurs.
Les contrats sont de deux types :

  • Soit simple avec un montant prévu qui est débloqué au moment du décès, mais sans précision sur l’organisation de la cérémonie ou des volontés. Une personne est désignée comme responsable de l’organisation et reçoit la somme. Mais attention : rien ne garantit que la somme sera effectivement utilisée pour votre enterrement, choisissez bien votre personne de confiance !
  • Soit avec tous les détails de la cérémonie, le responsable est alors l’entreprise de pompes funèbres et c’est à elle que revient de tout organiser selon ce qui a été prévu par le défunt contractuellement. Il s’agit de la formule la plus utilisée. Le contrat prévoit généralement les modalités minutieuses de la cérémonie (modèle de cercueil, type de cérémonie – religieuse ou non, inhumation, fleurs, maître de cérémonie, etc). Le contrat dépend de la compagnie d’assurance et non de l’entreprise de pompes funèbres. Ci cette dernière fait faillite ou ferme, l’assureur se chargera de nommer une autre société de pompes funèbres pour respecter le contrat, vous êtes donc couvert.

C’est donc à chacun de décider, souvent avec les conseils et l’assistance d’un responsable des pompes funèbres, des détails de son enterrement ou de sa crémation.

Histoire vécue : ne vous dites pas « je ne vais prendre que le minimum » : imaginez un enterrement sans cérémonie par exemple : Il n’y aura ni fleurs ni prise en main du déroulement ? Que vont faire les gens ? Qui va prononcer un discours ? Qui va indiquer les étapes ? Ce n’est pas forcement rendre service à la famille de vouloir économiser quelques centaines d’euros.

Payer moins cher son contrat obseque ?

Le contrat obsèques est un contrat comme un autre, et il est négociable !

Par défaut les entreprises prévoient des clauses standards mais rien ne vous empêchent de demander un calcul en tenant compte de vos demandes précises.
Par exemple, certaines prestations font souvent double emploi avec d’autres assurances :

  • La garantie « rapatriement du corps » est inutile si vous possédez une carte VISA.
  • En France, la quasi-totalité des décès ont lieu à l’hôpital ou dans des centres de soins. Ces établissements ont une chambre mortuaire accessible gratuitement aux familles, il est donc inutile de payer la prestation « transfert du corps en chambre funéraire ». Inversement, si vous souhaitez assurer cette partie, demandez bien une spécification de l’endroit de la chambre funéraire : elles sont souvent très éloignées du lieu de vie du défunt !
  • Sans vouloir vous déprimer, il est peut-être inutile de conserver la prestation sur l’entretien de la sépulture. Soit la famille ressent le besoin de venir sur votre tombe, soit… à quoi bon fleurir un endroit délaissé ?
  • Ne vous laissez pas charmer par le marketing du commerce de la mort : les cercueils peuvent avoir un nom magnifique, mais préférez voir le modèle en vrai, et demandez un descriptif précis du cercueil : type de bois, épaisseur des planches, couleur, traitement, type d’accessoires…

Financer le contrat obseques.

Comme dans la plupart des assurances, vous aller verser une cotisation dont le montant est calculé en fonction du capital garanti (ou de la liste des prestations prévues, auxquelles correspond un prix), de votre âge à la souscription du contrat ainsi que la durée des paiements.

Dans la plupart des cas il n’y a pas de questionnaire médical ou d’examen de santé. Parfois les assureurs demandent une déclaration de bonne foi « de bonne santé ». Sachez néanmoins qu’au-delà de 75 ans pour la plupart des assureurs, ils refusent les contrats obsèques. Certaines compagnies, comme la convention obsèques d’Aviva, acceptent les senior jusqu’à 84 ans, mais c’est une exception. Le reste du temps, il faudra verser 100% du montant de l’assurance en un seul paiement.

Il existe en général trois modes de paiements :

  • La prime unique, qui consiste à payer en une seule fois la totalité de l’assurance. Réservé aux plus fortunés et aux plus âgés qui n’ont pas le choix…
  • Les primes échelonnées, d’ordinaire sur 5 à 10 ans, avec un paiement mensuel : permettent comme leur nom l’indique d’échelonner le paiement mais fonctionnent aussi comme un crédit ; le contrat obsèques revient donc plus cher.
  • La cotisation « viagère » : vous verser une petite somme mensuelle, mais sans limite de temps, jusqu’à votre mort ! C’est idéal pour les petits budgets mais on ne sait jamais si ce sera rentable…

Petits détails à connaître sur les contrats « convention obsèques ».

On peut renoncer à son contrat dans les 30 jours de souscription par simple lettre recommandée (préciser l’article L.132-5-1 du Codes des assurances), les sommes versées doivent alors être remboursées.

Attention également au délai de carence du contrat obsèques : si vous mourrez dans l’année (voire les deux ans) de la souscription du contrat, le capital souscrit ne sera pas versé par l’assureur. Idem en cas de suicide. Le seul cas où le délai de carence ne s’applique pas concerne le décès accidentel.

Les assureurs ne sont PAS tenus de rechercher et d’informer la famille ou les proches du défunt qu’il avait souscrit un contrat chez eux, et au bout d’un an, ils gardent les sous ! Il faut donc absolument informer les proches de l’existence d’un contrat et laisser des papiers d’informations à la famille – il est recommandé de laisser les papiers dans le livret de famille, puisque ce dernier est requis dans les procédures après le décès. C’est la même problématique que pour les contrats assurance vie.

Trucs à avoir sur les obsèques…

Oui, six poignées sur le cercueil au lieu de quatre coûtent à peine plus cher et donne un plus bel aspect… mais c’est aussi l’occasion de facturer deux porteurs supplémentaires.

Il n’existe quasiment plus de possibilité d’avoir une concession perpétuelle au cimetière. Soit un survivant renouvelle le bail chaque 15 ans, soit le corps est « déplacé » dans la fosse commune.

Pour le reste, souvenez-vous du sketch des Inconnus…
« Nous comprenons votre douleur
C’est une triste disparition
Mais dans votre malheur
N’oubliez pas de régler
Vos droits de succession… »
Car en effet, après l’enterrement et le deuil, il faudra encore régler l’Etat… :cry:

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Catégorie: news argent

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Commentaires (3)

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  1. daghmani dit :

    Bonjour , je voudrai savoir que fait l’état d’une personne qui décéde sans famille, et qui n’a souscrie aucune assurance avant son décés. Merci, cordialement.

  2. w36xb2w dit :

    Bonjour
    Lorsque il y a 1 seul bénéficiaire désigné de la convention obsèques et qu’il a des frères et sÅ“urs , est il obligé de donner la part restant après paiement des frais d’inhumation ?
    Merci et bonne année 2011

  3. Hayet dit :

    je voudrai laisser le droit d’habiter ma maison à mon compagnon jusqu’à sa mort ensuite elle reviendra à mes 2 enfants. Qu’elles seront les charges qu’il devra assumer auprès de l’état. Merci

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