Carte de fidélité & crédit, attention au cumul !

| 14 mai 2010 | 0 Commentaires

Les cartes qui font à la fois carte de fidélité et carte de crédit sont à manier avec précautions !

Avec la nouvelle loi de Christine Lagarde concernant le crédit conso, de nombreuses protections supplémentaires vont bientôt exister pour l’emprunteur. Mais les cartes mixtes des grands magasins constituent la source la plus importante de surendettement. Et sur ce problème spécifique, peu de solutions sont apportées. État des lieux du crédit conso, du surendettement, et de ce type de cartes avec la nouvelle loi…

Rappel de la problématique du surendettement en France.

Selon les dernières statistiques de la Banque de France début mars 2010, ce sont plus de 215 000 ménages qui ont déposé un dossier de surendettement. La plupart des surendettés le sont à cause de ce que l’on appelle pudiquement « un accident de vie » : le décès d’un conjoint, un licenciement, la maladie, etc. J’ai évoqué ces sujets abondamment dans divers articles : par exemple « Surendettement : que faire ?« , mais aussi « Crédit FICP« , ou encore « Surendettement« .

Une très bonne loi.

Malgré les nombreuses critiques que certains continuent à adresser à la loi Lagarde, je lui trouve des qualités incontestables – sans parler de la simple qualité d’essayer de faire bouger les choses. Je ne vais pas revenir en détail sur l’ensemble du dispositif proposé, que vous retrouverez dans l’article que j’avais écrit et qui s’intitulait « Les nouvelles règles du crédit conso« . Mais rapidement :

  • Une baisse sensible du taux d’usure : il passera tout de même de 20 % aujourd’hui à 14 % pour les gros crédits (ce qui n’est pas rien).
  • Interdiction des pratiques commerciales agressives.
  • Interdiction de faire des les offres avec des taux promotionnels sur quelques mois, toutes les publicités et brochures devront indiquer le taux réel annuel de manière bien visible (fini les : TEG de bienvenue à 2,90% le premier mois ! puis 21% les mois suivants…) :-P
  • Obligation pour les cartes de crédit / de fidélité d’avoir un paiement par défaut à comptant.
  • Réglementations plus précises sur les termes utilisés dans les publicités, afin d’éviter toute confusion pour l’emprunteur.
  • Obligation de vérifier la solvabilité des emprunteurs pour la banque.
  • Délai de rétractation qui passe de 7 à 14 jours.
  • Naissance d’un fichier « positif » sur la solvabilité (avec fiche à remplir indiquant les revenus les charges et les prêts en cours).
  • Encadrement du crédit renouvelable (on n’y revient juste après).
  • Passage à une consultation en temps réel des fichiers d’incident bancaire (aujourd’hui la Banque de France adresse ce fichier aux banques et sociétés de crédits une à deux fois par mois).

La loi propose aussi de nombreuses autres mesures qui vont toutes dans le bon sens.

Le problème du crédit renouvelable.

Le crédit renouvelable, aussi appelée crédit revolving, est tenu responsable de tous les maux. Effectivement, de nombreux surendettés le sont à cause de ce type de crédit. Du point de vue de la ministre, il était impossible d’interdire purement et simplement ce type de crédit comme le demandaient certaines associations. En effet, la loi en son état rajoute un nombre de contraintes considérables aux acteurs de la finance, dans un marché en forte baisse. Le crédit revolving, du côté des entreprises, est essentiel en termes de rentabilité. Maintenant, du point de vue des consommateurs, voire des surendettés, la situation mérite d’être éclaircie. Quand on parle de crédits renouvelables, le problème ne provient pas du découvert autorisé de la banque par exemple, ou d’un crédit spécifique contracté auprès d’une société de crédit. La plupart des cas problématiques proviennent des cartes de magasins !

Au coeur du problème : les cartes de magasins.

En effet, ces cartes sont très complexes : elles sont à la fois une carte de fidélité, une carte de paiement comptant et une carte de paiement à crédit. C’est précisément cette difficulté pour le consommateur a bien comprendre les différentes utilisations possibles de sa carte, qui conduit parfois à des excès. Et plus encore, c’est le fait que de nombreuses personnes accumulent les différentes cartes de ce type auprès des différentes enseignes, et se retrouvent alors très vite extrêmement endettées. En effet, rien de plus facile que de trop dépenser, ne serait-ce même qu’en un mois, avec ce type de cartes.

carte credit fidelite

Un phénomène qui va s’accentuer.

Les cartes des grands magasins avaient déjà trois fonctions (fidélité, paiement comptant, paiement crédit), mais on va très rapidement assister à l’émergence de cartes qui permettront en plus d’être utilisées dans le circuit bancaire traditionnel pour payer les achats. Il sera alors possible de tout faire avec une seule carte, y compris retirer de l’argent dans les distributeurs (à crédit ou non).

Que fait la loi dans ce cas spécifique ?

Le gouvernement ne souhaitant pas interdire purement et simplement le crédit renouvelable, il n’était pas facile de trouver des garde-fous à ces produits financiers extrêmement complexes. Encore une fois, Christine Lagarde a tout de même essayé de mettre en place quelques barrières plutôt intelligentes. Par exemple :

  • Désormais ces cartes de crédit devront systématiquement comprendre un remboursement minimal du capital emprunté. Il m’est déjà arrivé d’acheter un ordinateur avec ce type de carte et me rendre compte quelques mois plus tard que je devais toujours la même somme d’argent, parce que par défaut le montant que je versais couvrait à peine les intérêts !
  • Autre bonne initiative : au-delà d’une certaine somme, le magasin sera obligé de proposer un prêt personnel (c’est-à-dire de pouvoir sortir de la logique d’un crédit revolving, pour passer un crédit « standard »).
  • Ensuite, les taux d’usure – le taux maximum que l’on peut demander en terme de remboursement – seront désormais calculés par tranche de montant de la somme empruntée.
  • Enfin, les magasins ne pourront plus proposer des offres promotionnelles destinées uniquement à un mode de paiement à crédit.

Alors certes, on peut toujours espérer plus d’une loi, mais je trouve assez étonnant que ce soit un gouvernement de droite qui ait pris autant de mesures concrètes pour protéger les plus démunis. Cette loi pose également les bases d’une réflexion sur la protection des consommateurs face aux crédits qui pourra évoluer au fil du temps. En attendant, elle permettra à tous les Français d’accéder à des prêts personnels moins chers et plus sûrs. Et ça, c’est déjà très bien ! Pour les plus courageux : le projet de loi complet.

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Catégorie: comprendre le crédit

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