Crédit responsable, c’est quoi ?
Concrètement, que recouvre la notion de crédit responsable ? Est-ce un label ? Y-a-t-il des obligations pour l’organisme financier prêteur ?
Depuis que la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, a déclaré vouloir favoriser le « crédit responsable », les principaux acteurs du marché se sont engouffrés dans la brèche. Le plus efficace d’entre eux sur le sujet, Cetelem, en à même fait plusieurs publicités (plus ou moins) drôles avec Bingo Credit.
Mais les organismes financiers ont-ils des obligations liées à l’utilisation de ce terme ?
Hé bien non, la mention de crédit responsable dans les messages publicitaires, dans les prospectus ou les dépliants n’est en aucun cas contraignante, il s’agit avant tout d’une notion sur laquelle surfe allègrement toutes les sociétés de marketing des banques. Attention donc à ne pas vous précipitez sur les crédits en faisant mention.
En fait la ministre voulait surtout prendre position à propos des crédits à taux élevés, en particulier le credit revolving des cartes de crédit des magasins de vente par correspondance (qui concerne près de 40% des ventes !). De nombreuses voies, en particulier associatives, avaient signalé les charges lourdes que pouvaient représenter les taux élevés de ces cartes, mais le secteur des cartes de crédit emploie des milliers de personnes et il était hors de question pour Bercy d’interdire le crédit revolving.
Que reste-t-il de tout ça finalement ? Pas grand chose, la ministre ayant déclaré ne pas vouloir « modifier l’environnement juridique » des entreprises du crédit en période de crise. Le seul point positif sera (peut-être) l’obligation de demander expressément au client s’il souhaite utiliser la fonction « carte de crédit » de sa carte de fidélité… Apparemment certaines enseignes ne s’embarrassent pas et prélève automatiquement en mode « crédit ».
Les changements de l’année a venir concerneront vraisemblablement davantage la Commission de Surendettement, notamment pour que les établissements de crédit puissent être sanctionnés en cas d’octroi de crédit peu regardants ou qui aurait abusé d’une faiblesse de leur client.
En attendant, la notion de crédit responsable reste donc avant tout un « truc » publicitaire. La seule obligation que s’impose l’établissement qui l’utilise est de préserver son image de marque… pour que le crédit responsable reste un atout dans l’image de marque !
UPDATE : je suis tombé sur le blog de Synaptic, qui traite de cette thématique sur un angle plus com’ et politique, avec des exemples très intéressants d’évolution publicitaire. Si vous avez 5 minutes, je vous recommande la lecture de son billet !
UPDATE 2 : Cetelem poursuit dans la même veine avec sa nouvelle pub Cetelem Chirurgie.